Formation gratuite · Training

Un soir de semaine, entre deux séries de développé incliné, j'ai voulu savoir ce que j'avais soulevé la fois d'avant.

Aucune idée, à l'époque je ne notais rien. Je venais souvent, je repartais rincé, et j'étais incapable de dire si j'étais plus fort qu'un mois plus tôt.

Ce soir-là, j'ai gardé la même charge et je suis allé chercher une seule répétition de plus sur la dernière série.

Je l'ai eue. Je n'avais pas besoin de venir plus souvent, j'avais besoin de savoir quoi battre.

3 séances par semaine qui suffisent

Pourquoi trois séances font le travail, comment les ranger dans ta semaine, et la règle qui fait monter tes charges d'une séance à l'autre. Ton planning et ta prochaine cible sont calculés à la sortie. Par Paul, créateur de Reboot Plan.

15 min de lecture5 chapitres1 outilquiz

01

Le muscle compte tes séries, pas tes jours de salle

Ce qui change quand tu arrêtes de compter tes passages au badge pour compter tes séries.

Il faut savoir que ton muscle ne sait pas quel jour on est. Il ne voit pas que tu es venu cinq fois cette semaine. Il voit le travail qu'on lui a demandé : combien de séries vraiment dures il a encaissées. Le trajet, le vestiaire, la séance de quinze exercices faite à moitié parce que tu étais déjà là la veille, tout ça, il s'en fiche.

Du coup, la question « combien de fois par semaine » est mal posée. La bonne, c'est combien de séries par muscle, et la fréquence sert juste à les répartir. Huit séries d'élévations latérales le même jour, en fin de séance, les dernières se font sur une épaule déjà cuite. Les mêmes huit coupées en deux, chacune se fait à peu près fraîche. Mais au bout du compte, c'est le nombre de séries de qualité qui fait le résultat.

25études

réunies en 2019 pour comparer les fréquences d'entraînement, à volume égal (Schoenfeld et al.).

Ces 25 études, Brad Schoenfeld et son équipe les ont reprises une par une. Quand le volume de la semaine était le même, entraîner un muscle une fois ou plusieurs fois par semaine ne changeait pas la prise de muscle de façon significative, y compris chez les gens entraînés, en haut comme en bas du corps. En 2025, une analyse plus large (67 études, 2 058 participants, 25 ans en moyenne) trouve que plus de séries donne plus de muscle, avec des gains qui ralentissent, et que la fréquence peut ne presque rien changer au muscle. Sur la force, elle aide, avec là aussi des gains qui ralentissent, je te le dis aussi. Tout ça pour dire que trois soirs par semaine, ce n'est pas un programme au rabais : c'est assez de place pour mettre les séries.

Séries directes par semaine dans le programme de l'app

Calcul sur le programme homme de l’app, 4 séries par exercice. Les séries indirectes (les tirages pour les biceps, les développés pour les triceps) s’ajoutent, comptées pour moitié dans l’analyse de 2025.

Reste le temps, et c'est l'objection que je comprends le mieux parce que c'est souvent la vraie. Une revue de 2021 écrite pour les gens qui n'en ont pas (une revue narrative, c'est-à-dire des chercheurs qui font le tri dans les études, pas une méta-analyse) place le minimum utile autour de quatre séries par semaine et par muscle. Le programme en donne entre quatre et douze selon le muscle, en trois séances d'à peu près une heure, échauffement compris. Si tu trouves trois heures dans ta semaine, tu as ce qu'il faut.

Quand on ajoute des séances sans toucher au reste, on ajoute en général des séries, et là, oui, ça aide, avec un écart que l'analyse de 2019 juge modeste. Mais ajouter des séries à un programme que tu tiens à moitié ne sert à rien. Ce que je vois chez pas mal de gens qui reprennent : la quatrième séance, c'est celle qui finit par faire sauter les trois autres.

L'étude de ce chapitre

À volume égal, une ou trois séances par muscle donnent une prise de muscle très proche.

Schoenfeld, Grgic, KriegerJournal of Sports Sciences201925 études

Méta-analyse. À volume égal, aucune différence significative entre fréquences hautes et basses, y compris chez les entraînés. Sans égaliser le volume, les fréquences hautes font un peu mieux, avec un écart jugé modeste. Conclusion des auteurs : pour un volume donné, la fréquence se choisit selon ce qui t'arrange.

Lire sur PubMed

L'action de ce chapitre

Références
  1. Schoenfeld BJ, Grgic J, Krieger J, Journal of Sports Sciences, 2019 · PMID 30558493
  2. Pelland JC, Remmert JF, Robinson ZP et al., Sports Medicine, 2025 · PMID 41343037
  3. Iversen VM, Norum M, Schoenfeld BJ, Fimland MS, Sports Medicine, 2021 (revue narrative) · PMID 34125411
02

Trois séances différentes, et le mouvement qui compte le plus passe en premier

Ce que fait chaque séance, dans quel ordre, et où la poser dans ta semaine.

Le programme de cette formation, c'est le programme guidé de l'app, tel quel. Trois séances qui ne se ressemblent pas. La première prend le buste et les bras (développé incliné, développé militaire, développé couché, élévations latérales, curl sur banc incliné, curl marteau). La deuxième, les jambes et les abdos (presse à cuisses, fentes, leg extension, leg curl, abdos à la poulie haute). La troisième, le dos et les triceps (un tirage vertical, deux tirages horizontaux, de nouveau les élévations latérales, puis deux extensions à la poulie). Quatre séries par exercice, partout, et la séance se range sur une carte.

Les élévations latérales reviennent deux fois, et ce n'est pas un oubli. Le faisceau latéral de l'épaule, c'est lui qui élargit la carrure vue de face, et c'est un petit muscle qu'on charge peu. Plutôt que de lui coller huit séries le même jour en fin de séance, le programme les coupe en deux passages de quatre.

La séance 2 sera celle que tu auras le plus envie de sauter. Les jambes se voient moins sous un pantalon, la séance est dure, et le lendemain les escaliers te le rappellent. C'est pourtant, pour moi, la plus importante des trois pour l'équilibre de la silhouette : un haut construit sur des jambes maigres, ça se voit de loin. Et si une semaine tu dois en sauter une, ne la rattrape pas en doublant le lendemain. Tu reprends la semaine suivante normalement, et cette semaine-là compte comme un cran de moins dans ton cycle, pas comme un échec.

Dans chaque séance, l'ordre compte aussi. L'incliné passe avant le couché, la presse avant la leg extension, le tirage vertical avant le reste. Je mets en premier le mouvement que je veux voir monter, parce que c'est celui qu'on fait avec le plus de jus. Et là-dessus, la science est plus nuancée que ce qu'on entend en salle.

Une méta-analyse de 2020 a regardé onze études sur l'ordre des exercices. Sur la prise de muscle, rien : commencer par un gros mouvement ou par un petit donne à peu près le même résultat. Sur la force, oui : on progresse le plus sur l'exercice fait en début de séance. L'incliné en premier ne fabrique donc pas plus de pectoraux. L'étude compare gros et petits mouvements, et j'applique la même logique à mes priorités : l'incliné devrait progresser mieux en tête de séance qu'en fin, et comme toute la méthode repose sur des charges qui montent, c'est sa place.

L'étude de ce chapitre

On gagne le plus de force sur l'exercice placé en début de séance. Pour le muscle, l'ordre ne change presque rien.

Nunes et al.European Journal of Sport Science202111 études

Méta-analyse de onze études de bonne qualité. Les gains de force sont les plus grands sur les exercices faits en premier, qu'ils soient gros ou petits. Sur la prise de muscle, aucun effet de l'ordre (taille d'effet 0,03).

Lire sur PubMed

Reste à poser ça dans ta semaine. La règle du programme, c'est un jour sans séance entre deux séances quand c'est possible : lundi, mercredi, vendredi, ou mardi, jeudi, samedi. Ce n'est pas un chiffre sorti d'une étude, c'est mon repère, parce que ton sommeil, ton boulot et ta fatigue générale ne savent pas que tu as changé de muscle. Si ta semaine t'impose deux jours collés, ce n'est pas un drame (les muscles ne sont presque jamais les mêmes) : mets la séance jambes au milieu, et ne fais jamais deux séances le même jour. Les jours sans salle, marche.

La semaine type du programme

Lundi séance 1, mercredi séance 2, vendredi séance 3. N’importe quels trois jours font l’affaire, l’outil plus bas range les tiens.

Les séances décrites ici sont celles du programme homme de l'app. Le programme femme est construit autrement, avec deux séances sur trois pour le bas du corps, et la même mécanique de progression, avec des fourchettes de répétitions sur une partie des mouvements.

L'action de ce chapitre

Références
  1. Nunes JP, Grgic J, Cunha PM et al., European Journal of Sport Science, 2021 · PMID 32077380
03

Ta dernière série est le seul chiffre à battre

La règle qui fait monter tes charges, et comment savoir si tu l'as tenue.

Le reste de cette formation, tu peux le survoler. Ce chapitre-là, non. Ce qui fait continuer à construire du muscle mois après mois, ce n'est pas la séance du jour, c'est l'écart entre la séance du jour et la précédente. Si tu refais 50 kg pour 10 répétitions chaque lundi pendant trois mois, la série qui était dure au début finit par s'arrêter loin de l'échec, et elle ne demande presque plus rien à ton muscle. C'est mon explication de coach, et elle colle avec ce qu'on mesure : une analyse de 2024, exploratoire de l'aveu de ses auteurs, trouve que la prise de muscle grandit quand les séries s'arrêtent plus près de l'échec (Robinson et al.). C'est le portrait de pas mal d'habitués de ta salle, ceux qui viennent depuis des années et qui ont la même tête qu'au premier jour : ils ne sont pas fainéants, ils refont la même séance.

Tu ne progresses pas parce que tu vas à la salle, tu progresses parce que tu bats ce que tu y as fait la dernière fois. Le choix des exercices, le jour, la playlist, tout passe après.

Dans le programme, la règle tient en deux temps. D'abord la charge ne bouge pas et tu ajoutes une répétition par semaine. Au développé incliné, qui démarre à 10 répétitions, ça donne 10, puis 11, puis 12. Quand le haut est atteint, tu montes d'un palier, et le palier dépend du matériel (5 kg à la Smith et sur machine, 10 kg à la presse, 2,5 kg à la poulie, 1 kg sur des haltères de moins de 10 kg, 2 kg au-dessus). La charge plus lourde fait redescendre les répétitions, à 8 dans cet exemple, et tu remontes. L'app l'écrit pour toi sur un cycle de six semaines.

Développé incliné à la Smith, une semaine après l’autre (exemple)

Règle du programme guidé de l’app : 50 kg de la semaine 1 à la 3, puis 55 kg. Les répétitions redescendent avec le palier, la charge ne redescend pas.

Je regarde la dernière série parce que c'est elle qui dit la vérité. Les trois premières, on les tient presque toujours. La quatrième, avec trois séries déjà dans les bras, te dit si la charge est à toi ou si tu l'empruntes. Sur les gros mouvements (développés, presse, fentes, tirages), elle doit tomber avec une ou deux répétitions encore en réserve : tu pourrais en sortir une de plus, tu ne le fais pas. Sur l'isolation (élévations, curls, extensions, leg curl, abdos), tu peux aller jusqu'à l'échec technique, le moment où le geste commence à se déformer. Pas au-delà.

Et si la dernière série ne passe pas, tu refais la même cible la semaine suivante, à la même charge. Tu ne sautes pas d'étape, tu ne forces pas. Une semaine refaite passe le plus souvent, alors qu'une charge forcée te coûte la technique et les séries d'après. Pour ta toute première charge, prends une semaine de tests : tu pars léger, tu ajustes par petits paliers avec deux minutes de repos entre deux essais, jusqu'à trouver la charge qui donne les répétitions prévues avec une ou deux en réserve.

Une répétition compte quand elle a la même amplitude que la fois d'avant. Gagner une répétition en raccourcissant le mouvement, en rebondissant sur la poitrine ou en t'aidant du dos, ce n'est pas une répétition de plus, c'est le même travail déguisé, et ton carnet se met à mentir sans que tu t'en rendes compte. Mieux vaut une répétition propre de moins que deux volées.

En 2022, une équipe a comparé les deux façons de battre la dernière fois. 43 personnes déjà entraînées, huit semaines de jambes : un groupe ajoutait de la charge à répétitions fixes, l'autre ajoutait des répétitions à charge fixe. Les deux ont progressé, avec des écarts si petits que les auteurs eux-mêmes doutent qu'ils comptent en pratique (un peu plus de muscle d'un côté, un peu plus de force de l'autre). Huit semaines, seulement les jambes, des gens déjà entraînés : ça ne prouve pas tout. Mais l'escalier du programme, des répétitions d'abord et la charge ensuite, n'a rien d'un bricolage : il enchaîne les deux façons qui marchent. Et le jour où la barre ne veut pas monter, une répétition de plus reste la plus petite marche à franchir.

L'étude de ce chapitre

Ajouter des répétitions ou ajouter de la charge : deux façons de progresser qui donnent des résultats très proches.

Plotkin et al.PeerJ2022n = 43

Essai randomisé, 8 semaines, personnes avec au moins un an d'entraînement des jambes. Groupe charge (22) contre groupe répétitions (21). Léger avantage des répétitions sur le muscle de la cuisse (2,8 mm), léger avantage de la charge sur la force (2,0 kg), deux écarts d'intérêt pratique discutable selon les auteurs. Les deux progressions sont viables.

Lire sur PubMed

L'action de ce chapitre

Références
  1. Plotkin D, Coleman M, Van Every D et al., PeerJ, 2022 · PMID 36199287
À toi

Ta semaine et ta prochaine cible

Tes trois jours rangés, tes trois séances détaillées, puis ce que tu bats la prochaine fois sur le mouvement de ton choix. Tout reste enregistré sur ce téléphone.

Sans JavaScript, la règle tient en une ligne : même charge et une répétition de plus sur ta dernière série, jusqu'au haut de la fourchette, puis un palier de charge et les répétitions qui repartent deux sous ton chiffre de départ.

04

Le repos entre deux séries se chronomètre

Pourquoi l'app compte deux minutes sur les gros mouvements, alors que, pour le muscle, la science s'arrête plus tôt.

Au feeling, beaucoup repartent trop tôt, c'est ce que je vois en salle. Tu finis ta série, le souffle revient vite, tu te sens prêt, tu y retournes. Sauf que le souffle n'est pas le muscle. Repartir trop tôt, c'est faire la série suivante avec des répétitions en moins (c'est par là, pensent les auteurs de la méta-analyse plus bas, qu'un repos court coûte un peu de muscle), et si c'est la dernière, celle qui doit dire la vérité, elle ment.

Un essai de 2016 a fait bouger les idées. Vingt et un jeunes hommes entraînés, huit semaines, le même programme pour tous, une seule différence : une minute ou trois minutes de repos. Le groupe à trois minutes a gagné plus de force au squat et au développé couché, et plus d'épaisseur de cuisse. Un essai, 21 personnes : intéressant, pas suffisant pour en faire une loi.

En 2024, une méta-analyse a réuni neuf études randomisées sur la question. Elle trouve un petit avantage à se reposer plus d'une minute, et au-delà de 90 secondes, plus de différence appréciable sur la prise de muscle. Ce sont des études courtes (5 à 10 semaines), surtout sur des débutants, et aucune ne mesure les muscles du buste. Je te le donne tel quel, parce que l'app prescrit davantage sur les gros mouvements : 2 minutes à la Smith et sur machine, 2 minutes 30 à la presse, 1 minute 30 sur l'isolation. Personne n'a montré que deux minutes font pousser plus que 90 secondes. Sur la force, c'est autre chose : une revue de 2018 (23 études) conclut que les gens déjà entraînés ont besoin de plus de deux minutes pour gagner le plus de force, et que 60 à 120 secondes suffisent aux débutants (Grgic et al.). Pour le muscle, c'est de la marge, pour que ta quatrième série de développé tombe vraiment à une ou deux répétitions de l'échec, et pas à cinq parce que tu étais encore essoufflé.

Dernier détail sur le temps, puisqu'on en parlait au premier chapitre : l'échauffement. La revue de 2021 sur les gens pressés conseille de le limiter au mouvement lui-même, et je suis d'accord. Une ou deux séries légères du premier exercice, une série d'approche plus chargée, et tu attaques. Les vingt minutes de vélo et d'étirements avant chaque séance, si tu manques de temps, coupe-les, pas tes séries.

90secondes

au-delà, la méta-analyse de 2024 ne voit plus de différence appréciable sur la prise de muscle (Singer et al., 9 études).

Prise de muscle selon la durée du repos (taille d’effet)

Singer et al., 2024 · 9 études randomisées. Repos court = 60 secondes ou moins. Les intervalles des deux estimations se chevauchent largement : l’écart est petit, pas une loi.

L'étude de ce chapitre

Plus d'une minute de repos aide un peu. Au-delà de 90 secondes, la prise de muscle ne bouge plus de façon appréciable.

Singer et al.Frontiers in Sports and Active Living20249 études

Méta-analyse bayésienne de 19 mesures issues de 9 études randomisées, toutes les autres variables tenues égales. Petit bénéfice au-dessus de 60 secondes, probablement parce qu'on soulève plus au total. Pas de différence appréciable au-delà de 90 secondes. Résultats hétérogènes, études de 5 à 10 semaines, surtout sur des débutants, disent les auteurs.

Lire sur PubMed

L'action de ce chapitre

Références
  1. Schoenfeld BJ, Pope ZK, Benik FM et al., Journal of Strength and Conditioning Research, 2016 · PMID 26605807
  2. Singer A, Wolf M, Generoso L et al., Frontiers in Sports and Active Living, 2024 · PMID 39205815
05

On lâche le jour où on ne sait plus si on avance

Pourquoi le carnet compte plus que le programme, et quoi faire quand l'ennui arrive.

Je pense qu'on se trompe sur la raison pour laquelle les gens arrêtent la salle. On met ça sur le dos de la volonté, de la flemme, du manque de discipline, et je l'ai cru pour moi aussi. Ce que je vois, c'est que beaucoup lâchent le jour où ils ne savent plus s'ils avancent : trois semaines sans différence dans le miroir, aucune trace de ce qu'ils soulevaient le mois d'avant, et une petite voix qui dit que ça ne sert à rien. Souvent, ce n'est pas un problème de caractère, c'est un problème d'information.

Que suivre ses progrès aide à tenir, la psychologie l'a mesuré. Une méta-analyse de 2016 a repris 138 études où des gens étaient tirés au sort entre un coup de pouce pour suivre leurs progrès et un groupe témoin, près de 20 000 personnes en tout, sur des objectifs de toutes sortes (pas seulement le sport). Suivre ses progrès aide à atteindre son objectif, et l'effet grandit quand c'est noté quelque part plutôt que gardé en tête. Sur l'activité physique et l'alimentation, une analyse de 2009 portant sur 122 programmes allait déjà dans ce sens : se mesurer soi-même était la technique qui expliquait le plus les écarts entre programmes, et ceux qui l'associaient à une autre technique, une cible par exemple, passaient d'un effet de 0,26 à 0,42.

Ce que je te conseille de noter tient en une ligne par exercice : la date, la charge, et les répétitions des quatre séries (50 kg : 12, 12, 11, 10). Rien d'autre, pas de note sur dix, pas de commentaire. Cette ligne suffit pour savoir ce que tu bats la prochaine fois, et en relisant six lignes à la suite, tu vois la courbe sans avoir à la dessiner. Le jour où une série a été trichée, mets un point d'interrogation à côté : ce chiffre-là, tu ne le comptes pas comme battu.

138études

et 19 951 personnes : suivre ses progrès aide à atteindre son objectif, plus encore quand c'est écrit (Harkin et al., 2016).

Efficacité des programmes d’activité et d’alimentation (taille d’effet)

Michie et al., 2009 · 122 évaluations · 44 747 personnes

L'ennui, lui, va arriver. Vers la troisième semaine, les mêmes six exercices dans le même ordre, et l'envie de tout changer pour « choquer le muscle ». Oublie ça. Une revue de 2022 (8 études, que des jeunes hommes) trouve qu'une variation réfléchie peut aider, mais que changer souvent et au hasard peut freiner les gains (Kassiano et al.). Tant que ta dernière série bouge, le programme marche, et c'est justement parce que les exercices ne changent pas que tu peux comparer une séance à la précédente. La règle du programme : on ne remplace un exercice qu'après trois ou quatre cycles de six semaines sans aucun progrès mesurable. Ça laisse de la marge.

Le meilleur conseil que je peux te donner : le jour où l'envie de tout changer arrive, relis ton carnet avant de décider quoi que ce soit. Si les chiffres montent, tu as ta réponse. S'ils ne montent plus depuis trois semaines, regarde d'abord tes nuits et ton assiette : d'après ce que je vois, la cause est souvent là.

L'étude de ce chapitre

Suivre ses progrès aide à atteindre son objectif, surtout quand c'est noté.

Harkin et al.Psychological Bulletin2016138 études · n = 19 951

Méta-analyse d'études randomisées. Les interventions qui font suivre ses progrès augmentent l'atteinte de l'objectif (taille d'effet 0,40). L'effet est plus grand quand l'information est notée physiquement ou rendue publique. Domaines variés, pas seulement l'entraînement.

Lire sur PubMed

L'action de ce chapitre

Références
  1. Harkin B, Webb TL, Chang BPI et al., Psychological Bulletin, 2016 · PMID 26479070
  2. Michie S, Abraham C, Whittington C, McAteer J, Gupta S, Health Psychology, 2009 · PMID 19916637

Vérifie ce que tu as retenu

À volume égal, entraîner un muscle trois fois par semaine plutôt qu'une :

La bonne réponse : ça change très peu. À séries égales, 25 études en 2019 et 67 en 2025 voient une prise de muscle très proche. Le volume compte, la fréquence le répartit.

Pourquoi le développé incliné ouvre-t-il la séance 1 ?

La bonne réponse : la force progresse le plus sur l'exercice fait en premier. Sur la prise de muscle, l'ordre ne change presque rien (Nunes et al.).

Développé incliné à la Smith, départ à 10 répétitions. Ta dernière série a fait 12, propre. La prochaine fois :

La bonne réponse : un palier de 5 kg et les répétitions qui redescendent à 8. Le haut est atteint, la charge monte, et tu remontes une répétition par semaine.

Au-delà de quelle durée de repos la méta-analyse de 2024 ne voit-elle plus de différence sur la prise de muscle ?

La bonne réponse : 90 secondes. Les deux minutes de l'app sur les gros mouvements sont de la marge pour que la dernière série soit vraie, pas un seuil prouvé.

Troisième semaine, tu t'ennuies et tu as envie de tout changer. Tu :

La bonne réponse : tu relis ton carnet. Tant que la dernière série bouge, le programme marche, et c'est parce que les exercices ne changent pas que tu peux comparer.

Ce qui se passe sans cadre, je le connais par cœur. La première semaine, tu notes tout. La troisième, tu notes à moitié parce que le téléphone était resté dans le casier. La cinquième, tu ne sais plus si l'incliné était à 50 ou à 52,5, tu reprends 50 par prudence, et tu refais ta semaine 2 sans le savoir. Rien de grave sur le moment. C'est comme ça que les charges arrêtent de monter.

C'est le travail que l'app Reboot Plan fait à ta place. Le programme guidé te donne, pour chaque série, la charge et les répétitions de la semaine, avec ce que tu as fait la dernière fois affiché dans le champ (« Dernière fois : 50 kg × 10 »). Le chrono de repos se lance quand tu coches ta série, chaque mouvement a sa vidéo, et à la fin des six semaines l'app propose les charges du cycle suivant à partir de ce que tu as vraiment soulevé, pas de ce qui était prévu. Le carnet, la cible et le retour au même endroit, sans que tu aies à y penser.

Tu ne progresses pas parce que tu vas à la salle. Tu progresses parce que tu bats ce que tu y as fait la dernière fois.

Reboot Plan, l'app

Ces trois séances en programme guidé, ta dernière série sous les yeux avant chaque nouvelle, et les charges du cycle suivant calculées sur ce que tu as vraiment soulevé.

Je commence mes 7 jours d'essai

Sur iPhone et Android.

PS : ce programme marche avec un carnet papier, je ne vais pas te dire le contraire. Si tu le suis douze semaines sans jamais installer l'app et que ta dernière série monte, tu as gagné. L'app sert juste à ce que tenir ne demande pas d'être héroïque.