Un client m'a envoyé un soir la photo de sa balance de cuisine, posée à côté d'une assiette de pâtes.
Trois semaines qu'il pesait tout, et il m'écrivait qu'il n'en pouvait plus.
Il ne manquait pas de volonté. Il lui manquait une assiette qui se construit sans chiffres.
On a rangé la balance. Son poids a continué de descendre.
Perdre du gras sans compter les calories
Construire chaque repas avec ta main, poser la protéine en premier et la calculer sur ta masse maigre, puis lire ton poids en tendance au lieu de le subir chaque matin.
Tu ne manges pas trop par manque de volonté
Ce qu'un mois à l'hôpital a montré sur ce qu'on mange sans y penser, et le tri qui se fait avant même d'arriver en cuisine.
Je vais commencer par un truc qui va peut-être t'étonner venant de moi : compter ses calories, ça marche. Le bilan d'énergie ne s'est jamais trompé, si tu manges moins que ce que tu dépenses, tu perds. Ce que je vois en revanche, c'est que presque personne ne tient un journal au gramme près plus de quelques semaines. Il y a le repas du dimanche chez tes parents, la cantine du midi, le plat que tu n'arrives pas à décomposer en ingrédients, et petit à petit tu saisis n'importe quoi, puis tu ne saisis plus rien du tout.
Pendant qu'on se bat avec l'application de comptage, personne ne regarde ce qui fait déborder l'assiette. En gros, avant la quantité que tu décides de manger, il y a le type d'aliment, parce que c'est lui qui décide en partie de la quantité que tu vas finir par avaler sans t'en rendre compte.
En 2019, l'équipe de Kevin Hall a fait vivre 20 adultes un mois entier au centre clinique des instituts de santé américains. Deux semaines de nourriture ultra-transformée, deux semaines de nourriture brute, dans un ordre tiré au sort. Les menus proposaient autant de kcal, de sucre, de sel, de fibres et de chaque macro d'un côté que de l'autre, et la seule consigne était de manger autant ou aussi peu qu'ils voulaient.
mangées en régime ultra-transformé, à repas proposés équivalents (Hall et al., 2019, 20 adultes).
Avec l'ultra-transformé, ils ont mangé 508 kcal de plus par jour et pris 0,9 kg en deux semaines. Avec le brut, ils en ont perdu autant. Le surplus venait des glucides et du gras, pas des protéines. Personne ne s'est forcé à quoi que ce soit : ce sont les mêmes personnes, avec la même tête et la même volonté, qui ont mangé différemment selon ce qu'on posait devant elles.
Variation de poids, mêmes personnes, repas proposés équivalents
Hall et al., Cell Metabolism, 2019 · 20 adultes · essai croisé en hospitalisation
Ça ne veut pas dire qu'il faut manger cru et bio pour le reste de ta vie. Vingt personnes pendant un mois, c'est un essai très bien contrôlé, pas une loi. En 2026, l'équipe d'Eric Robinson a regroupé les 10 essais de ce type : la prise de poids avec l'ultra-transformé s'y retrouve, mais ils jugent la preuve encore peu sûre, et l'effet pourrait venir surtout de la densité énergétique des aliments testés (on y revient au chapitre 3). Ce que j'en tire, moi, c'est que le premier tri ne se joue pas dans ta tête au moment de résister au paquet de gâteaux, il se joue au supermarché. Ce que tu n'as pas acheté, tu n'auras pas à le refuser le soir devant la télé, quand la journée a déjà pompé toute ta patience.
À repas proposés équivalents, l'ultra-transformé fait manger 508 kcal de plus par jour.
Essai croisé tiré au sort, en hospitalisation, 2 fois 14 jours. Repas appariés en kcal présentées, densité énergétique, macros, sucre, sel et fibres, consommation libre. Ultra-transformé : +508 kcal par jour et +0,9 kg. Brut : −0,9 kg. Le surplus venait des glucides et des lipides, pas des protéines. Limite : 20 adultes, deux semaines par régime.
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Références
- Hall KD et al., Cell Metabolism, 2019 · PMID 31105044
Ta protéine se calcule sur ce qui n'est pas du gras
Pourquoi elle se pose en premier dans l'assiette, et pourquoi deux personnes de 80 kg n'ont pas besoin de la même quantité.
S'il y a une chose que je fais décider en premier à chaque repas, c'est la protéine. Elle tient au ventre, et surtout elle aide ton corps à garder son muscle pendant que le gras part. C'est toute la différence entre perdre du poids et perdre du gras, et c'est ce qui évite de finir plus léger mais tout mou.
L'expérience la plus parlante là-dessus vient de Seattle, en 2005. David Weigle a fait passer 19 personnes de 15 à 30 % de protéines dans leur alimentation, sans toucher à leurs glucides (les protéines prenaient la place d'une partie du gras), puis les a laissées manger à volonté pendant douze semaines. Sans aucune consigne de restriction, elles ont mangé d'elles-mêmes 441 kcal de moins par jour et perdu 4,9 kg, dont 3,7 kg de gras. Leur faim avait déjà nettement baissé pendant les deux semaines où on leur servait exactement la même énergie qu'avant. Il n'y avait pas de groupe témoin, les mêmes personnes passaient d'une phase à l'autre, donc c'est un signal fort et pas une preuve définitive.
mangées spontanément avec deux fois plus de protéines, à volonté pendant 12 semaines (Weigle et al., 2005, 19 personnes).
La revue de Heather Leidy (2015) va dans le même sens avec plus de recul, et elle est honnête sur un point que j'aime bien : repas par repas, l'effet sur la satiété est modeste, et sur le long terme ce sont les gens qui tiennent leurs protéines qui gardent les bénéfices. Elle situe la zone utile entre 1,2 et 1,6 g par kilo de poids et par jour, avec au moins 25 à 30 g par repas.
Maintenant, la question que presque personne ne se pose : par kilo de quoi ? Ton gras ne consomme presque pas de protéines. Ce qui en consomme, c'est ta masse maigre, tout ce qui n'est pas du gras (muscles, organes, os, eau). Prends deux personnes de 80 kg. L'une a 20 % de masse grasse, donc 64 kg de masse maigre. L'autre en a 35 %, donc 52 kg. Leur appliquer le même « 80 fois 1,6 » donnerait 128 g aux deux, alors que leurs corps n'ont pas la même quantité de tissu à entretenir.
Protéines par jour, deux personnes de 80 kg, objectif perdre du gras
Calcul de la méthode Reboot (celui de l'app) · 1,6 g/kg de poids = plateau de Morton et al., 2018
Dans la méthode Reboot, et dans l'app, on calcule donc sur la masse maigre : 1,8 g par kilo de masse maigre pour perdre du gras, 1,75 pour te redessiner à poids stable, 2 pour prendre du muscle. Ça donne 115 g pour la première personne et 94 g pour la seconde. Il faut savoir que les grandes études expriment souvent leurs chiffres au poids de corps. Dans la méta-analyse de Robert Morton (49 essais, 1 863 personnes qui s'entraînaient), les gains de masse maigre plafonnent vers 1,6 g par kilo de poids. Pour la personne à 35 %, ma règle tombe un peu sous le bas de la fourchette de Leidy (94 g pour 80 kg, un peu moins de 1,2 g par kilo de poids). Je l'assume, parce que chez quelqu'un qui a du gras à perdre, le poids total gonfle le besoin avec des kilos qui ne consomment presque rien, et parce que la revue d'Eric Helms (2014) sur les sportifs en déficit raisonne justement en masse maigre. Elle monte même bien plus haut que moi, 2,3 à 3,1 g par kilo de masse maigre, mais chez des athlètes déjà secs, entraînés depuis plus de six mois et en déficit marqué : plus on est sec, plus le besoin monte, et ce n'est pas ton cas si tu as du gras à perdre. Chez quelqu'un de sec, les deux calculs donnent à peu près la même chose de toute façon.
Avec deux fois plus de protéines, 441 kcal de moins par jour, sans consigne de restriction.
Protéines de 15 à 30 % de l'énergie, glucides constants, lipides de 35 à 20 %. À énergie égale : satiété nettement plus haute. Puis 12 semaines à volonté : −441 kcal par jour, −4,9 kg dont −3,7 kg de masse grasse, alors que la leptine baissait et que la ghréline montait. Limite : phases successives chez les mêmes personnes, sans groupe témoin.
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Références
- Weigle DS et al., The American Journal of Clinical Nutrition, 2005 · PMID 16002798
- Leidy HJ et al., The American Journal of Clinical Nutrition, 2015 · PMID 25926512
- Morton RW et al., British Journal of Sports Medicine, 2018 · PMID 28698222
- Helms ER et al., International Journal of Sport Nutrition and Exercise Metabolism, 2014 · PMID 24092765
La moitié de l'assiette sert à te remplir
La structure que je fais suivre à chaque repas, mesurée avec ta main, et ce que les études disent des légumes.
Une fois la protéine posée, il reste à remplir l'assiette sans faire grimper l'addition. Ce qui marche pour ça, c'est le volume : des aliments qui pèsent lourd dans l'estomac pour très peu d'énergie. Autrement dit des légumes, crus ou cuits, et pas une feuille de salade pour la photo.
Barbara Rolls a passé une bonne partie de sa carrière à mesurer ça. En 2004, elle fait déjeuner 42 femmes dans son laboratoire, une fois par semaine pendant sept semaines : une salade obligatoire en entrée (ou rien), puis des pâtes à volonté. Avec une grande salade peu dense, 300 g, peu de sauce, peu de fromage, elles mangeaient 12 % de moins sur le repas que sans entrée. Avec une salade de la même taille plus chargée en sauce et en fromage, elles mangeaient 17 % de plus. Le légume n'a donc rien de miraculeux en soi, c'est surtout ce qu'on verse dessus qui fait basculer le repas d'un côté ou de l'autre. Et ce n'est pas un résultat isolé : en 2022, deux méta-analyses (Bea Klos, 38 essais ; Eric Robinson, 31 études) concluent qu'une nourriture moins dense fait manger moins d'énergie, pour le même poids d'aliments avalé chez Klos. Sur le poids du corps, il y a encore trop peu d'essais pour conclure (5 chez Robinson, 0,7 kg d'écart, pas significatif).
avec 300 g de salade peu dense en entrée plutôt que rien, pâtes à volonté ensuite (Rolls et al., 2004, 42 femmes).
Sur un an, la même équipe a suivi 97 femmes sans leur donner aucun objectif de kcal. Les deux groupes réduisaient le gras, et l'un des deux ajoutait en plus des fruits et des légumes. Il a perdu 7,9 kg contre 6,4 kg, en mangeant un plus grand poids de nourriture, avec moins de faim. Un kilo et demi d'écart sur un an, ce n'est pas spectaculaire, je te l'accorde. Mais ce kilo et demi, elles l'ont gagné en mettant plus de nourriture dans l'assiette, ce qui change tout pour tenir un an.
Kilos perdus en un an, sans objectif de kcal
Ello-Martin et al., Am J Clin Nutr, 2007 · 97 femmes, 71 jusqu'au bout
D'où la structure que je fais suivre à chaque repas, mesurée avec la seule balance que tu as toujours sur toi : une paume de protéines, la moitié de l'assiette en légumes, un poing de féculents (deux les jours de séance) et un pouce de gras ajouté, que ce soit de l'huile, du beurre ou du fromage râpé. L'idée, c'est que ta main est à l'échelle de ton corps : une grande personne a en général une plus grande paume, et un plus grand besoin.
Je te dois l'honnêteté là-dessus : je ne connais aucun essai qui ait testé la méthode de la main sur la perte de poids, c'est un outil de terrain. Ce qui a été mesuré, c'est qu'elle suit à peu près ce qu'on mange : chez 1 081 adultes japonais qui ont tout pesé pendant 4 jours, le nombre de paumes noté suivait le poids réel des aliments protéinés (corrélation de 0,72), avec de gros écarts au cas par cas (Shinozaki, 2025). Une paume de viande ou de poisson cuit, c'est autour de 25 g de protéines pour un homme et 20 g pour une femme. Ce sont mes repères, pas des mesures. Ce qui est sourcé, c'est ce que la structure vise : la zone des 25 à 30 g de protéines par repas de Leidy, et des légumes qui prennent de la place dans l'assiette, comme chez Rolls. Tout ça pour dire que le déficit ne se décide pas sur une balance de cuisine. Il se décide dans l'ordre où tu remplis l'assiette.
Sans objectif de kcal, ajouter des fruits et des légumes fait perdre un peu plus, avec moins de faim.
Femmes obèses tirées au sort, un an, consigne de manger à volonté selon les principes de leur groupe. Moins de gras plus fruits et légumes : −7,9 kg. Moins de gras seul : −6,4 kg. Le premier groupe mangeait un plus grand poids de nourriture et déclarait moins de faim. Limite : 71 femmes sur 97 sont allées au bout.
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Références
- Rolls BJ, Roe LS, Meengs JS, Journal of the American Dietetic Association, 2004 · PMID 15389416
- Ello-Martin JA et al., The American Journal of Clinical Nutrition, 2007 · PMID 17556681
Ton assiette, calculée sur ta masse maigre
Ta protéine du jour, tes paumes par repas et ton assiette dessinée, avec le même calcul que l'app. Enregistré sur ce téléphone.
Sans JavaScript, le calcul tient en deux lignes : ta masse maigre = ton poids × (1 − ta masse grasse). Tes protéines du jour = 1,8 g par kilo de masse maigre pour perdre du gras, 1,75 pour te redessiner, 2 pour prendre du muscle.
Ce que tu bois ne te cale pas
Le déficit que ton estomac ne remarque pas, et pourquoi les repas libres ont leur place dans le plan.
Avant de toucher à quoi que ce soit dans l'assiette, regarde ton verre. Soda, jus (oui, même le jus d'orange pressé), café au sirop, verre de vin en semaine. Tout ça apporte de l'énergie sans caler grand-chose. Pour les boissons sucrées, c'est mesuré : dans les essais où on en ajoute à des adultes, ils prennent 0,85 kg de plus en moyenne (Vasanti Malik, 2013, 5 essais, 292 adultes). Pour le jus et le vin, je n'ai pas d'essai aussi net, je les range dans le même panier par prudence. Et je pense que c'est le déficit le moins pénible qui existe, parce que ton estomac ne fait pas la différence.
L'étude qui me l'a fait comprendre est petite, 15 personnes, mais elle est très nette. Daniel DiMeglio et Richard Mattes leur ont fait ajouter à peu près 450 kcal par jour pendant quatre semaines, une fois en soda, une fois en bonbons, avec un mois de pause entre les deux. Avec les bonbons, les gens ont mangé moins le reste du temps sans qu'on leur demande rien : ils ont plus que compensé. Avec le soda, ils n'ont rien compensé du tout, l'apport du jour a grimpé de tout le soda, et le poids n'a monté que pendant cette période-là. Même énergie, mêmes glucides. L'un se mâche, l'autre se boit.
Part des 450 kcal ajoutées que le reste de l'alimentation a compensée
DiMeglio et Mattes, Int J Obes, 2000 · 15 personnes · 2 fois 4 semaines
Ensuite il y a les repas qui ne rentreront jamais dans la structure. Le resto du samedi, la raclette chez des amis, l'anniversaire du petit. Ma règle, c'est 80 / 20 : huit repas sur dix suivent l'assiette à la main, deux sont libres, et prévus d'avance. Ce chiffre-là, c'est le mien, aucune étude ne l'a testé tel quel. Mais il repose sur quelque chose qui a été mesuré.
En 1999, Joachim Westenhoefer a analysé les questionnaires de 54 517 personnes inscrites dans un programme de perte de poids, puis ceux de 1 838 personnes de 14 ans et plus tirées au sort dans la population d'Allemagne de l'Ouest. Ceux qui tenaient leur alimentation de façon rigide, en tout ou rien, faisaient plus de crises de fringale, plus souvent et plus fort, et avaient un IMC plus élevé. Ceux qui la tenaient de façon souple faisaient moins de crises et réussissaient plus souvent leur perte de poids sur l'année. C'est une corrélation, pas une expérience. Mais elle colle à ce que je vois tous les dimanches soir : le « foutu pour foutu » qui efface une semaine entière part presque toujours d'un interdit.
inscrites dans un programme de perte de poids, chez qui le contrôle souple allait avec plus de réussite sur l'année (Westenhoefer et al., 1999, association).
Après, un truc qui m'aide perso : je mange à peu près les mêmes petits-déjeuners et les mêmes déjeuners en semaine, et je garde la variété pour le soir et le week-end. Ça peut paraître triste dit comme ça. Sauf que chaque choix que tu n'as pas à refaire à midi est une occasion de moins de partir sur le menu du jour avec frites.
Les mêmes kcal se compensent quand on les mâche, pas quand on les boit.
Essai croisé, 7 hommes et 8 femmes, une charge de 1 880 kJ par jour (environ 450 kcal) pendant 4 semaines, en soda ou en bonbons. Compensation : 118 % pour le solide, −17 % pour le liquide. Poids et IMC en hausse seulement pendant la période soda, faim inchangée. Limite : 15 personnes.
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Références
- DiMeglio DP, Mattes RD, International Journal of Obesity, 2000 · PMID 10878689
- Westenhoefer J, Stunkard AJ, Pudel V, International Journal of Eating Disorders, 1999 · PMID 10349584
Un matin sur la balance ne veut rien dire
Comment savoir si ça marche sans te faire balader par l'eau et le sel.
L'assiette te met dans la bonne zone, mais elle ne mesure rien. Et le poids, lui, raconte n'importe quoi d'un jour à l'autre : l'eau, le sel du resto de la veille, la séance de jambes, le cycle chez les femmes. Tu fais une semaine propre, tu montes sur la balance un mauvais matin, tu vois 400 g de plus, tu te dis que ça ne marche pas pour toi, et tu lâches un truc qui était en train de marcher. C'est le scénario que je vois le plus souvent, et de loin.
Deux semaines de déficit, vues de deux façons
Illustration, pas une donnée d'étude · le matin remonte un jour sur deux, la moyenne perd environ 600 g
La seule lecture qui vaut quelque chose, c'est la moyenne de la semaine comparée à celle de la semaine d'avant. Un chiffre seul ne dit rien, sept chiffres de suite commencent à raconter quelque chose.
Et se peser, ce n'est pas une manie de coach. En 2011, Lora Burke a repris 22 études sur l'auto-mesure (journal alimentaire, activité, pesée) : d'une étude à l'autre, se mesurer allait avec le fait de perdre du poids. Elle juge elle-même la preuve faible, à cause de l'auto-déclaration et d'échantillons faits surtout de femmes blanches. Dans un essai de six mois sur la pesée quotidienne, ceux qui se sont pesés tous les jours ont perdu 6,1 kg de plus que ceux qui se pesaient en moyenne 5,4 jours sur 7. Ils n'étaient que 47, tous avaient la consigne de se peser chaque jour et la moitié seulement l'a suivie : la fréquence n'a pas été tirée au sort, donc c'est une association, et ceux qui tenaient la consigne tenaient aussi le reste (ils avaient adopté plus de comportements de contrôle du poids). La méta-analyse de Claire Madigan (2015, essais tirés au sort) ne trouve d'ailleurs pas de différence entre une consigne de pesée quotidienne et hebdomadaire, et la pesée seule, sans programme autour, n'a pas fait ses preuves. Si je te fais peser chaque matin, c'est pour avoir sept chiffres à moyenner, pas parce que le geste fait maigrir.
perdus par ceux qui se pesaient chaque jour, contre presque chaque jour (Steinberg et al., 2015, 47 personnes, association).
Susan Michie a regardé la question de plus haut en 2009, sur 122 évaluations de programmes et 44 747 personnes. De toutes les techniques testées pour changer ses habitudes, l'auto-mesure est celle qui explique le plus les écarts entre les programmes qui marchent et les autres, et elle marche encore mieux couplée à au moins une autre technique du même genre, comme un objectif précis ou un retour sur tes résultats (un effet de 0,42 contre 0,26, à peu près 1,6 fois plus). Ce travail mesurait des habitudes, pas des kilos, mais le ressort est le même : tu corriges ce que tu vois.
Si tu penses que ton métabolisme est cassé parce que tu as déjà tout essayé, commence par là. Je ne peux pas te dire ce qui se passe dans ton cas sans tes chiffres, ça dépend d'un tas de trucs. Mais ce que je sais, c'est que deux semaines de moyennes t'en apprendront plus que deux ans d'impressions.
Se peser chaque jour plutôt que presque chaque jour va avec 6,1 kg de plus perdus en six mois.
Bras intervention d'un essai de 6 mois, balance connectée, consigne de se peser chaque jour. 24 personnes se pesaient chaque jour, 23 en moyenne 5,4 jours par semaine. Écart de perte : −6,1 kg (IC 95 % −10,2 à −2,1). Les pesées quotidiennes avaient adopté plus de comportements de contrôle du poids (17,6 contre 11,2). Limite : la fréquence de pesée n'était pas tirée au sort.
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Références
- Burke LE, Wang J, Sevick MA, Journal of the American Dietetic Association, 2011 · PMID 21185970
- Steinberg DM et al., Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics, 2015 · PMID 25683820
- Michie S et al., Health Psychology, 2009 · PMID 19916637
Vérifie ce que tu as retenu
Dans l'essai de Hall (2019), à repas proposés équivalents, le régime ultra-transformé a fait :
La bonne réponse : 508 kcal de plus par jour et 0,9 kg pris en deux semaines, avec les mêmes personnes et la même consigne de manger à volonté.
Deux personnes pèsent 80 kg, l'une à 20 % de masse grasse, l'autre à 35 %. Dans la méthode Reboot, leurs protéines du jour :
La bonne réponse : elles diffèrent. Le gras ne consomme presque pas de protéines : 1,8 g par kilo de masse maigre donne 115 g à la première et 94 g à la seconde.
La structure d'assiette à la main, c'est :
La bonne réponse : paume, moitié de légumes, poing, pouce, et deux poings de féculents les jours de séance. Les légumes font le volume : chez Rolls, une grande salade peu dense en entrée faisait manger 12 % de moins sur le repas.
Dans l'étude de DiMeglio et Mattes, 450 kcal ajoutées par jour en soda :
La bonne réponse : pas compensées. Les mêmes kcal en bonbons l'ont été, et au-delà. Dans cette étude, ce qui se buvait ne calait pas.
Semaine propre, et la balance affiche 400 g de plus un matin. Tu :
La bonne réponse : la moyenne de la semaine. Le chiffre d'un matin bouge avec l'eau, le sel, la séance de la veille et le cycle. Sept chiffres parlent, un seul ne dit rien.
Avec ce que tu as là, tu peux manger mieux dès demain, sans application et sans balance de cuisine. Si ça te suffit, tant mieux, sincèrement. Mais tu as vu la limite au chapitre 5 : la main te met dans la zone, elle ne te dit pas si tu y es. Est-ce que tes paumes font vraiment tes grammes de protéines ? Est-ce que la moyenne de la semaine descend, ou est-ce que tu te fies au lundi matin ? Sans réponse à ces deux questions, ce que je vois le plus souvent, c'est qu'on tient quelques semaines, puis le doute l'emporte et on lâche.
Reboot Plan fait la partie que ta main ne fait pas. Tu prends ton assiette en photo, l'app reconnaît ce qu'il y a dedans, rattache chaque aliment à sa fiche de la table Ciqual de l'ANSES et remplit tes jauges du jour, avec une cible de protéines calculée sur ta masse maigre, exactement comme l'outil plus haut. Dans Suivi, ton poids se lit en moyenne de 7 jours contre la semaine d'avant, et « Tes apports » détaille ce que tes repas t'apportent, nutriment par nutriment.
Le déficit ne se décide pas sur une balance de cuisine. Il se décide dans l'ordre où tu remplis l'assiette : la protéine d'abord, les légumes ensuite, le reste à la main.
Reboot Plan, l'app
Ton assiette prise en photo et lue pour toi, tes protéines calculées sur ta masse maigre, et ton poids en moyenne de la semaine au lieu du chiffre du matin.
Je commence mes 7 jours d'essaiSur iPhone et Android.
PS : si l'assiette à la main te suffit pour perdre tes premiers kilos sans jamais installer l'app, franchement, c'est très bien comme ça. L'app sert le jour où tu veux arrêter de deviner.